31 Octobre: Fête de la RÉFORMATION

FIER D’ÊTRE PROTESTANT

Il fut un temps où le titre “Protestant” était utilisé pour se moquer de ceux et celles qui osaient quitter le rang de l’église catholique. En d’autres termes, les protestants étaient “les exclus”, ou “les excommuniés”. Beaucoup ont souffert des ré-persécutions allant jusqu’au martyr. Mais plusieurs siècles plus tard, l’église catholique a reconnu la véracité de la justification par la foi, prêchée par les réformateurs. Lors du jubilé de l’an 2000, le Pape Jean Paul II avait même demandé pardon aux protestants.

Il est vrai qu’on ne doit pas être enfermé dans le passé, mais cette anniversaire des 500 ans de la réforme, est une occasion pour rappeler aux protestants que leur héritage a une histoire douloureuse et qu’il ne faut pas oublier cette page sombre de notre passé. Ce serait une grave erreur que la nouvelle génération ignore d’où et dans quelles conditions la foi commune a été transmise. Ce souvenir du passé est biblique. Pour les enfants d’Israël, Dieu avait institué la célébration de la Pâques juive pour que les générations qui n’avaient pas assisté à la sortie d’Égypte et aux atrocités vécues par leurs ancêtres, n’oublient pas ce point crucial de l’histoire d’Israël (Cf. Exode 12, 24-27: Vous et vos descendants, vous observerez toujours ces prescriptions. Quand vous serez entrés dans le pays que le Seigneur a promis de vous donner, vous accomplirez cette cérémonie. Si vos enfants vous demandent ce qu’elle signifie, vous leur répondrez : “Il s’agit du sacrifice offert au Seigneur à l’occasion de la Pâque. Lorsque les Israélites étaient en Égypte, le Seigneur a porté la mort chez les Égyptiens, mais il a passé sans s’arrêter devant nos maisons, épargnant ainsi nos familles.”

Que ce jubilé des 500 ans de la réforme nous rende encore plus fiers de notre identité et de notre histoire. Il ne faut pas enterrer cette histoire au prix de l’œcuménisme, de peur de froisser le concept du “Vivre Ensemble”. On peut bien vivre et prier ensemble tout en préservant farouchement notre histoire.

La question qui se pose pour la nouvelle génération protestante actuelle est la suivante: “Sommes nous aussi prêts à être persécutés et marginalisés si jamais on nous demande de renier notre foi ?” Le poids de l’héritage nous pousse à réfléchir sur “le comment” de la transmission de ce bel héritage à la génération future, peu importe la réaction qu’on pourrait subir.

Pasteur Jean-Luc Ramanantombotsoa

Source: EPUB NAMUR